L'argon est le gaz noble le plus abondant de l'air, dont il représente environ 1 % du volume ; sa masse volumique est d'environ 1,784 g/L et son point de fusion d'environ −189 °C, et son inertie chimique extrême en fait un gaz de protection inerte très utilisé. En soudage, le soudage à l'arc sous gaz tungstène utilise l'argon pour exclure l'air et protéger de l'oxydation à haute température des métaux réactifs comme l'acier inoxydable, l'aluminium et le titane ; cette technique est largement appliquée aux appareils à pression, aux tuyauteries, à l'aérospatiale et au soudage de structures de précision. En éclairage, l'argon remplit les lampes à incandescence et les tubes fluorescents pour ralentir l'évaporation du tungstène et prolonger la durée de vie des lampes. Dans la fabrication des semi-conducteurs, l'argon sert à la croissance cristalline, à la gravure par plasma et à l'implantation ionique : c'est un gaz de procédé indispensable à la fabrication des puces. Il est aussi utilisé dans les fours AOD (décarburation à l'argon-oxygène) pour l'affinage des aciers inoxydables, pour la conservation sous atmosphère modifiée des objets patrimoniaux et pour le remplissage de lampes spéciales.
L'argon est un gaz noble à couche électronique externe saturée ; il ne forme presque aucun composé stable avec quelque élément que ce soit et n'a donc pas de composés courants au sens traditionnel. Industriellement, il s'emploie directement à l'état de gaz élémentaire, stocké en bouteilles d'acier ou en vases Dewar, l'argon liquide servant au stockage et au transport cryogéniques. Les très rares composés de l'argon synthétisés dans des conditions extrêmes, comme le fluorohydrure d'argon HArF, n'existent que dans des matrices à basse température et ne servent qu'à la recherche fondamentale ; ils n'entrent jamais dans un produit de consommation.